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Doctorats honorifiques

Louise Fréchette

La récipiendaire est madame Louise Fréchette, haute fonctionnaire au gouvernement fédéral et ex-vice-secrétaire générale à l'ONU.

Expériences de travail


2006   Distinguished fellow, Centre for International Governance Innovation (Waterloo, Ontario)
1998-2006 Vice-secrétaire générale, Organisation des Nations Unies
1995-1998 Sous-ministre, ministère de la Défense nationale (Ottawa)
1994-1995 Sous-ministre associée, ministère des Finances (Ottawa)
1992-1994 Ambassadrice et représentante permanente, mission du Canada aux Nations Unies (New-York)
1991    Sous-ministre adjointe aux politiques économiques et à la compétitivité du commerce, ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (Ottawa)
1988-1991 Sous-ministre adjointe à l'Amérique latine et aux Caraïbes, ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (Ottawa)
1985-1988 Ambassadrice en Argentine, en Uruguay et au Paraguay (Buenos Aires)
1971-1985 Nombreuses affectations au ministère des Affaires étrangères à Ottawa, Athènes, Genève et Madrid.

Hommage à madame Louise Fréchette

« Nous célébrons aujourd'hui la carrière d'une personne dont la trajectoire professionnelle se conjugue au diapason des valeurs de la persévérance, de l'engagement, de l'application et de l'excellence. Ces quelques mots décrivent bien les idéaux qu'une institution comme la nôtre tient à propager. Ils traduisent avec justesse les balises qui ont guidé le cheminement professionnel de celle que l'ENAP désire honorer aujourd'hui en l'accueillant dans sa famille, madame Louise Fréchette.

Madame, je vous souhaite la bienvenue dans cette institution qui sera désormais pleinement la vôtre au terme de l'événement qui nous réunit ici.

La remise d'un doctorat d'honneur s'inscrit dans ces gestes et décisions dont la portée symbolique rejoint la raison d'être d'une université : la formation et la production de connaissances sont notre labeur quotidien auquel s'ajoute, dans le cas d'une université à vocation professionnelle, la transmission des savoir-faire et de l'expertise de pointe que nous cherchons à partager. Dans cette optique, souligner de façon solennelle la carrière et les réalisations d'une personnalité exceptionnelle, c'est bien sûr rendre hommage au récipiendaire du doctorat d'honneur, mais c'est aussi et surtout proposer à l'ensemble de la communauté universitaire un modèle, un idéal.

La récipiendaire du doctorat d'honneur que nous attribuons aujourd'hui a fait carrière dans l'administration publique internationale. De tout temps, il s'est agi d'un secteur difficile, parfois périlleux, mais sans lequel le vivre ensemble collectif de l'humanité ne serait qu'un rêve utopique. Ce désir de réaliser concrètement cet objectif du vivre ensemble a constitué chez Louise Fréchette un leitmotiv qui a marqué sa carrière.

L'administration publique internationale vit à l'heure des mutations profondes. Pour y réussir comme l'a fait Louise Fréchette, il faut avoir apporté une contribution exceptionnelle à l'administration publique, avoir affiché une réussite exemplaire dans le domaine international, tout en ayant participé à un rayonnement intellectuel de très grande portée. La carrière de Louise Fréchette lui a permis d'embrasser, avec passion tout en faisant preuve d'une détermination lucide, les volets les plus complexes de l'administration publique. Cette carrière l'a propulsée sur tous les continents de la planète et l'a amenée au c?ur de la direction de la première des organisations internationales, l'ONU. Ces caractéristiques n'ont pas échappé aux dirigeants de notre institution lorsqu'ils se sont penchés sur la candidature de Louise Fréchette, soumise par les membres du corps professoral de l'ENAP.

La carrière de Louise Fréchette, cela a d'abord été un choix de vie sans aucun doute marqué par l'histoire vécue à un moment où les règles du jeu international se redéfinissaient et où le Québec émergeait en tant que société moderne. C'est aussi l'histoire d'un ministère où peu de femmes avaient réussi à y percer. Mais c'est également l'histoire, discipline intellectuelle dans laquelle vous avez été formée. Fallait-il y lire un choix impulsif ou, tout au contraire, la volonté de mieux comprendre et cerner les causes et les facteurs qui rendent compte du changement dans un contexte large ? Et peut-être aussi de se préparer à jouer un rôle concret dans le dialogue entre les nations ?

Votre carrière traduit aussi le choix de la diplomatie comme mode d'action. Imprégnée de la culture d'un ministère fortement marqué de l'apport de l'un des siens, Lester B. Pearson, qui a su sortir des sentiers battus, innover et chercher la réponse là où d'autres ne trouvaient que des problèmes, vous avez ajouté à cet imposant édifice en suggérant, avec succès, au gouvernement canadien d'emprunter des voies dans lesquelles il n'avait jamais encore osé s'aventurer.

Votre carrière, c'est enfin le choix de l'administration publique comme mode de vie. Vous y avez généreusement consacré des années riches d'un apport dont a pu bénéficier votre ministère d'origine, mais aussi une agence centrale comme le ministère des Finances ou un ministère stratégique comme celui de la Défense, deux endroits où vous avez fait votre marque aux plus hauts niveaux. Vous étiez donc admirablement préparée pour relever le défi auquel vous a convié le secrétaire général des Nations Unies, monsieur Koffi Annan, lorsqu'il vous a invitée à venir le rejoindre au siège de l'organisation internationale. Le mandat qui vous y attendait, le contexte et les conditions dans lesquels il vous a été attribué, témoignent de la très grande confiance placée en vous, à la suite des réalisations brillantes qui avaient marqué votre cheminement professionnel.

Madame Fréchette, nous sommes rassemblés aujourd'hui pour célébrer cette carrière et souligner, de façon solennelle, votre contribution à la res publica, pour revenir au latin que vous avez pratiqué durant vos années à Basile-Moreau, au temps de la Révolution tranquille. Depuis votre entrée au ministère des Affaires étrangères jusqu'à votre départ de l'Organisation des Nations Unies, il n'y a pas deux ans, vous avez mené un parcours qui force l'admiration de ceux qui croient à l'importance et au rôle fondamental de l'administration publique dans la vie de toute collectivité, aussi bien sur la scène nationale que dans la sphère internationale.

Tout au long de ces années de travail, souvent dans la discrétion de l'activité diplomatique et des décisions opérationnelles d'un ministère, parfois sous les feux des projecteurs de l'actualité, vous avez donné un sens concret à l'image que l'on peut dessiner de l'administrateur public. Aux différentes étapes de votre carrière, vous avez tissé une toile où se sont accumulés les succès, cette réalité qu'une certaine pudeur reconnaît rarement aux administrateurs publics. Vous avez relevé les défis les plus hasardeux. Vous avez plongé sans hésitation dans les dossiers les plus complexes. Vous avez imaginé aux problèmes concrets des solutions qui ont rallié vos collaborateurs. Vos décisions témoignent d'une largeur de vue qui ne s'est jamais démentie.

Vous vous êtes investie de façon exemplaire dans la tâche de transformer l'administration des Nations Unies où vous avez joué un rôle de premier plan dans l'élaboration et l'implantation de cette gouvernance mondiale envisagée et souhaitée par les membres de la Commission Brandt. Vous avez ainsi apporté votre contribution personnelle, importante et décisive, dans la mise en place d'une mondialisation qui ne se confine pas au seul diktat du fait économique.

En un mot, votre carrière trace un modèle qui a vocation d'inspirer les étudiants, les professeurs, les chercheurs attirés par l'administration publique en général et dans son volet international en particulier. Vous avez admirablement incarné ces valeurs qui sont celles que l'ENAP promeut et valorise auprès de ses étudiants. Vous avez été cette praticienne réflexive dont la contribution au service public s'est traduite en gestes concrets où l'innovation, la persévérance, l'engagement, l'application, la détermination lucide et l'excellence se sont mutuellement enrichis et se sont fondus dans le creuset de l'action au service de la collectivité.

Nous vous en sommes très reconnaissants et nous tenons à vous en rendre hommage. C'est pourquoi l'ENAP, constituante de l'Université du Québec, est fière et heureuse de vous décerner aujourd'hui le titre de docteure honoris causa. »

Formation
Baccalauréat ès Arts, Collège Basile Moreau, Montréal
Licence en histoire, Université de Montréal
Certificat post-gradué en économie, Collège d'Europe, Bruges, Belgique.