Logo ENAP
Connexion

27 juin 2018 Guy Laforest accueille les participants au Colloque international de l'Institut panafricain de gouvernance économique et financière (IPAGEF) sur la gouvernance et la transformation des économies africaines

En cette période de grandes remises en question des valeurs de démocratie et de citoyenneté, l'humanisme libéral hérité du sociologue allemand Max Weber doit donner un sens et guider l'évolution de l'État.

Collaborer pour l’intérêt commun

Organisé conjointement par l’Université Laval et l’ENAP, l’événement avait lieu le 22 juin dernier sur le campus de l’Université Laval sous le thème « Gouvernance et transformation structurelle des économies africaines »

D’entrée de jeu, Guy Laforest a mentionné que l’arrivée de la rectrice Sophie D’Amours, au printemps 2017, avait donné un nouveau souffle au rayonnement de l’Université Laval, au bénéfice des intérêts de la région de Québec, voire de l’ensemble du Québec. Il a souligné que l’ENAP sera heureuse de collaborer sur différents projets avec l’Université Laval dans le sens de l’intérêt commun.

Le sens de l’État, les enfants de Max Weber, le Québec et l’Afrique.

Monsieur Laforest a ensuite enchaîné avec une réflexion sur le sens de l’État et sur la leçon fondamentale que nous ont léguée « les enfants de Max Weber », ces penseurs du vingtième siècle qui ont formulé en philosophie politique les grandes lignes de cet humanisme libéral privilégiant la dignité et la liberté des êtres humains, défini par Max Weber. Selon cette école de pensée, l’État et la fonction publique trouvent leur sens en travaillant à consolider cette dignité et cette liberté des citoyennes et des citoyens.

Il a rappelé que l’ENAP a été fondée il y a cinquante ans, dans le dernier droit de la Révolution tranquille au Québec. En 1968, André Laurendeau, grand champion du bilinguisme et de l’idée selon laquelle le Québec constitue une société nationale distincte au Canada et en Amérique, mourait. Le 25 juin de la même année, Pierre-Elliott Trudeau devenait premier ministre du Canada. Trois mois plus tard, Daniel Johnson, Jean Lesage et René Lévesque inauguraient le barrage de la Manicouagan. La modernisation de l’État se mettait en place, et l’ENAP a joué un rôle majeur dans l’accompagnement, sur les plans étatique et bureaucratique, de cette évolution, aussi bien à l’interne qu’à l’international. Toujours présente auprès de l’administration publique, l’ENAP a développé, au fil des ans, une véritable expertise dans le transfert des connaissances et des compétences en matière de gestion du secteur public dans plus d’une trentaine de pays, surtout issus de la Francophonie. Sur le continent africain, dans une quinzaine de pays, l’ENAP est active tout aussi bien dans l’enseignement crédité que dans la formation continue et le service-conseil.

Dans l’Afrique du 21e siècle, 500 millions de jeunes de moins de vingt ans subissent les conséquences du développement inégal et de l’exploitation, comme celles dénoncées par Eduardo Galleano, dans son essai Les veines ouvertes de l’Amérique latine, paru en 1971. À l’IPAGEF et ailleurs, la réflexion et les efforts visant à promouvoir une meilleure gouvernance pourront améliorer leur sort.

Au-delà de l’Amérique latine et de l’Afrique, il nous arrive de penser ces temps-ci que c’est toute la planète qui souffre d’avoir les « veines ouvertes », selon l’expression de Galleano : crise de la citoyenneté globale, vicissitudes du leadership, dégradation de l’environnement, étiolement de la culture démocratique.

Monsieur Laforest a terminé son allocution en soulignant que plus que jamais, la lucidité et les vertus associées à l’humanisme libéral des enfants de Max Weber paraissent nécessaires. À l’ENAP, nous continuerons de nous investir à fond dans leur promotion.

Signature de l'Accord-cadre entre l'ENAP, l'Université Laval, l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) et l'Institut Panafricain de la Gouvernance Économique et Financière (IPAGEF). L'Accord prévoit une collaboration pour tout projet de formation, de recherche et d'expertise en gouvernance publique, économique, financière et juridique, jugé d'intérêt commun. 

De gauche à droite : Robert Beauregard, vice-recteur exécutif de l’Université Laval; Guy Laforest, directeur général de l’ENAP; Dorothé Cossi SOSSA, secrétaire Permanent de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA); Charles Moumouni et Issouf Soumaré, coprésidents de l’Institut panafricain de la gouvernance économique et financière (IPAGEF).